Honu
La tortue polynésienne incarne la sagesse, la longévité, et surtout cette manière paisible de traverser les épreuves en gardant le cap. Elle représente également l’équilibre : entre la mer et la terre, entre la force et la douceur, entre le passé et ce qui nous attend derrière l’horizon.
Il est des projets qui ne naissent pas d’une idée, mais de souvenirs.
HONU, est de ceux-là. Ce voilier de 5,83m porte en lui l’écho d’un voyage, il y a vingt-cinq ans à Bora Bora, là où la mer a la couleur du jade et où chaque souffle du vent semble murmurer une légende ancienne.
C’est là que la Honu, la tortue polynésienne, est entrée dans ma vie — symbole de sagesse, de persévérance et d’équilibre entre la terre et l’océan.
Mais c’est il y a plus de trente ans, aux Maldives, que le premier appel de la mer s’est fait entendre.
C’est là, dans ces eaux cristallines, que j’ai eu la joie de nager aux côtés des raies manta, ces géantes paisibles qui glissent avec grâce dans le silence bleu.
Cette rencontre a laissé une empreinte profonde, une émotion pure, presque initiatique.
Et quelques années plus tard, à Bora Bora, baignant dans la culture polynésienne, ce souvenir s’est transformé en vision : le rêve d’un bateau, d’un compagnon de mer, d’un voyage porteur de sens.
Sur mon corps, la tortue s’est inscrite à jamais, protégée par une raie manta (Fafa piti).
La manta veille, la tortue avance : ensemble, elles rappellent que la force n’est rien sans la grâce, et que tout voyage doit être protégé par l’esprit du lagon. Ce tatouage n’est pas une décoration, mais une boussole, celle d’un homme qui cherche à naviguer en accord avec la mer et ses esprits.
Bien des années plus tard, c’est en découvrant le travail d’un architecte naval visionnaire, Eric Hansevale, que le rêve a repris forme.
Son projet Divinité 4 ¾ a rallumé cette flamme silencieuse : celle d’un bateau à taille humaine, capable d’unir le plaisir de la mer et la pureté de la ligne.
La rencontre avec Éric fut décisive.
Dès les premières esquisses, il sut traduire sur papier ce rêve que je portais depuis mes voyages, donner à une mémoire polynésienne un corps de modernité.
L’étrave en scow, la carène planante, la simplicité élégante du plan : tout dans ce voilier est né d’un dialogue entre le souvenir et le savoir-faire, entre la tradition et la main de l’architecte.